mercredi, 15 février 2006
La face cachée du 11 septembre
Le remarquable ouvrage d'Eric Laurent, La face cachée du 11/09, aurait pu avoir comme sous-titre "Tout ce que
vous avez voulu savoir sur les attentats du 11/09 sans jamais avoir osé le demander". Grand journaliste d'investigation, l'auteur n'en est pas à son coup d'essai. Déjà auteur de La guerre des Bush, beau succès de librairie lui aussi, E.Laurent nous emmène dans un voyage au coeur des ténèbres, dans les arcanes du pouvoir, entre deux interviews de diplomates dans leurs cossues ambassades, ou sur le terrain, en Afghanistan, à Dubaï, ou Téhéran, à tenter de démêler les fils d'une intrigue planétaire : les attentats du 11/09.
Un vrai travail de journaliste, sérieux et documenté qui s'ajoute à la liste de témoignages troublants sur ce tournant de notre histoire qu'ont été ces évènements.
Un livre qui nous rappele le rôle trouble joué par les Etats-Unis dans cette triste histoire avec les fruits d'une certaine politique, à l'origine, en partie, de leurs propres malheurs. Un livre foncièrement pessimiste, au final, dont je me permets ici de citer la conclusion, qui fait un parallèle saisissant entre les évènements du 11/09 et l'assassinat de J.F. Kennedy :
Dans ces deux tragédies, , tout semble avoir été fait pour interdire l'accès à la vérité(...). J'avais lu le rapport Warren et je l'ai comparé à celui de la commission d'enquête sur le 11 septembre. Le premier évoquait la plupart des hypothèses, pour les réfuter, le second ne prend même pas cete peine. Il ignore complètement tous les faits troublants, les contradictions et les mensonges avérés.
L'assassinat du président américain en 1963 demeure un mystère entouré de mensonges : le 11 septembre lui, reste un ensemble de mensonges, entouré de mystère.
21:30 Publié dans Livres : lectures & critiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
mardi, 14 février 2006
Adler vs Moore
Dans le prometteur Rapport de la CIA, présenté par Alexandre Adler, ce dernier va à mon humble avis vite en besogne, et ce, dès la première page de ce livre, reprise en quatrième de couverture.
Je cite : Il vaut mieux ne pas croire aveuglément Michael Moore : la classe dirigeante actuelle des Etats-Unis n'est
pas composée de brutes analphabètes incapables de saisir les compléxités du monde, englués dans leurs préjugés historiques,depuis la guerre de Sécession jusqu'à la Guerre froide, en passant par le
rejet de la théorie darwinienne de l'évolution.
Si la critique est toujours la bienvenue, rendons à M.Moore un peu de vérité à mes yeux vite mise à mal par Mr Adler, en citant le chapitre 9 de Dude, where's my country? que je vais essayer ici de traduire :
Un paradis libéral
Il existe un pays dont j'aimerais vous parler. C'est un pays comme aucun autre sur la planète. Beaucoup d'entre vous, j'en suis certain, aimerait vivre ici.
C'est un pays libéral, libéré et où la liberté de pensée règne.
Son peuple déteste la guerre. La grande majorité de ses hommes n'ont jamais servi dans aucune sorte d'armée et ils ne sont pas enclins à le faire. Ils abhorrent les armes et supportent tout effort en faveur de la restriction de l'usage d'armes personnelles.
Ses citoyens sont de fervents supporters des syndicats et des droits des travailleurs. Ils pensent qu'on ne doit pas fire confiance aux grandes compagnies.
La majorité de ses résidents croient fortement dans l'égalité des droits pour les femmes et s'opposent à toute tentative - gouvernementale ou de groupes religieux - qui chercheraient à prendre contrôle de leurs organes de reproduction.
Dans leur très grande majorité, les gens de ce pays estiment que les gays et lesbiennes devraient avoir les mêmes chances que les hétéros et ils ne devraient subir aucune discrimination.
Dans ce pays, pratiquement tout le monde veut avoir les plus fortes protections possibles pou rs'assurer d'un environnement sain (...).
Ce pays que je connais est tellement hippy-dippy-free-love and all that jazz que seulement un quart d'entre eux pensent que les usagers de drogue devraient aller directement en prison - peut-être parce que, comme leur président, 41% de ses citoyens ont fait l'expérience de l'usage de drogues eux-mêmes! (...).
Donc, où est cette utopia que je vous décris ? (...)
Est-ce la Suède ?
Le Tibet ?
La Lune ?
Non, Tu ne dois pas aller sur la Lune parce que...tu y es déjà ! Ce pays de gauche paradis dont je parle n'est autre que...les Etats-Unis d'Amérique !
Michael Moore aime sincèrement son pays : il ne le critiquerait pas autant sinon...
08:15 Publié dans Livres : lectures & critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
vendredi, 10 février 2006
Le manuscrit Voynich : une passionnante énigme
L'éditeur Jean-Claude Gawsewitch a eu le courage de publier un livre impossible en novembre dernier. Avec le journaliste du Monde Pierre Barthélémy, cet éditeur de l'excellent et polémique La fabrique du crétin a fait le pari de
mettre à la disposition du grand-public l'intégralité du manuscrit le plus mystérieux du monde, le manuscrit Voynich.
On pardonnera le prix un peu élevé (55€) car il faut saluer comme il se doit cette initiative d'un éditeur qui cultive sa différence dans ce microcosme parfois un peu étouffant qu'est l'édition parisienne.
Le manuscrit Voynich est une énigme doublée d'une vraie curiosité. La raison ? On n'a pas réussi à déchiffrer ce qui
semble être une écriture savante, un code mystérieux ou...un vulgaire charabia. Avis aux amateurs désormais car c'est l'ensemble de ce vieux manuscrit - à la fois recueil de botanique, de cosmologie et de symbolique - que l'éditeur a choisi de reproduire ici.
C'est sur internet que les curieux ont pu découvrir ce singulier ouvrage. Voici un ensemble de liens pour en savoir plus : http://www.almaleh.com/ très agréable à utiliser. http://www.voynich.nu/ : le plus complet, en anglais, qui a servi à l'écriture de l'ouvrage de P.Barthélémy. http://www.voynich.net/ ; une introduction en anglais. Enfin, pour vraiment en savoir plus : http://voynich.free.fr/ avec une thèse complète en pdf.
Je vous laisse dcouvrir ce livre et, peut-être, saurez-vous déchiffrer cette écriture venue d'ailleurs ?
14:50 Publié dans Livres : lectures & critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
samedi, 07 janvier 2006
Indicible...
Dans le très curieux et très intéressant (merci miss) Dictionnaire égoïste de la littérature française de Charles Dantzig (Grasset,
2005), l'auteur nous donne sa définition du mot Indicible : "Un écrivain qui emploie le mot "indicible" devrait se faire charcutier".
De grâce, que cele ne vous empêche pas de lire ou relire l'oeuvre d'un des maîtres du fantastique, Howard Philip Lovecraft, une oeuvre intégralement publiée dans la collection Bouquins de R.Laffont et 3 tomes
imposants. A ne pas lire par un jour gris et brumeux dans un bled d'Eure-et-Loire perdu dans la Beauce... Mais assurément beaucoup de plaisir (malgré les "indicible" dont abuseraient HPL) à se plonger dans un univers déroutant et captivant, notamment ceux constituant le Mythe de Chtulu, très connu des rôlistes.
Et que cela ne vous empêche pas non plus de lire la BD U-29 (merci Edouard),
inspiré d'une nouvelle d'HPL, dans laquelle les auteurs, très fidèles à l'esprit du maître de Providence, délivre une BD aboutie, d'une noirceur...indicible, oppressante, surprenante, fantastique...Lovecraftienne.
Lexique égoïste de la littérature mondiale, par moi-même : Indicible : Un écrivain qui emploie mot "indicible" devrait se faire lovecraftien"
10:50 Publié dans Livres : lectures & critiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
mercredi, 14 décembre 2005
Un roman français...
...que ce "Une vie française" de Jean Paul Dubois, paru l'an dernier aux éditions de l'Olivier (suivez avec attention les sorties de cette maison, c'est souvent très bien). Indiscutablement.
Français parce que s'inscrivant dans une certaine tradition littéraire, et d'une qualité littéraire certaine. Ce livre est très bien écrit, et m'a redonné envie de me remettre au roman français. Comme le papy de Sartre - pour qui la littérature n'avait plus aucun sens après la mort d'Hugo - lire un roman, français de surcroît, n'était plus imaginable depuis mon dernier essai - la tentative de lecture vite avortée du Goncourt 98. Pour ça, merci Mr Dubois.
Français aussi car toujours à la croisée des chemins de l'humour et des larmes. Ce livre vous fera rire, avec de véritables grands moments de rigolade. Alors que des livres prêtent souvent à sourire, avec lui, on rit parfois franchement, comme lors de la scène du gigot par exemple...et puis, insidieusement, sans s'en rendre compte, ou presque, on retrouve les drames de la vie qui, nous rattrapent, tous, un jour. Et là, on rigole plus du tout, on serre les dents, et on a un p'tit peu les larmes aux yeux parfois...
Français aussi car surfant sur cette vague "rétro" tellement à la mode en ce moment - l'histoire débute à l'époque De Gaulle - mais on replonge volontiers dans notre enfance des années 70, puis 80 : un grand plaisir savamment dosé par Dubois, qui ne tombe jamais dans le passéisme bon teint et le "ah, c'que c'était mieux dans le temps" de nos grands-parents...
Français enfin car le héros du livre a sa maîtresse (allez vite mater ce derrière!), fait allègrement cocue sa femme
pendant quelques années puis... se rend compte que ladite épouse modèle fait de même depuis x années...bref, un petit peu d'érotisme qui n'a jamais tué personne et qui donne à ce bouquin encore plus de peps !
Bonne lecture !
21:09 Publié dans Livres : lectures & critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
vendredi, 09 décembre 2005
La Chambre des Morts
Noyés sous une encombrante pléiade d'auteurs britanniques et américains - certains talentueux, d'autres médiocres, beaucoup vendeurs - les auteurs de thrillers policiers français surnagent péniblement dans ce petit mais impitoyable monde de l'édition française. Un Chattam, un Grangé ont certes réussi à faire leur trou (j'ai trouvé Le Vol des Cigognes très original par exemple, et le Chattam que j'ai commencé s'annonce particulièrement morbide) mais
ce ne sont que de brillantes exceptions dans un désert de créations made in France. A vrai dire, peu importe l'origine de l'auteur, on se contrefiche de sa nationalité, mais on s'interrogeait tout de même sur cette faiblesse dans ce genre particulier du thriller alors que nos auteurs de policier, emmenée par Fred Vargas, réussissaient à tirer dans le même temps leur épingle du jeu...
C'est dans ce contexte que j'ai eu un plaisir immense à lire en quelques soirées un bouquin qui restera en bonne place dans ma bibliothèque, j'ai nommé La Chambre des Morts, aux éditions du Passage. Non, ce bouquin ne renouvelle pas le genre, loin de là (je lui trouve par moments un côté très "Le silence des Agneaux", vous comprendrez en le lisant...), mais disons qu'il donne un bon coup de pied au c... à ce monde bien tranquille de l'édition française, plus préoccupée à sortir le chéquier pour traquer le gros gibier anglo-saxon et à se regarder le nombril à l'occasion de ces ennuyeuses rentrées littéraires, qu'à éditer des auteurs du calibre de Frédéric Thilliez.
Chez ce petit éditeur, cet ouvrage aurait été condamné à un anonymat certain sans le petit miracle du bouche à oreille des libraires, relayé par 2 chroniques télé (dont 1 du patron de la griffe noire, à St Maur, dans l'émission "Le magazine de la santé" (!) ; au fait, petit aparté, cette librairie a-t-elle toujours des chiottes dans sa vitrine, pour exposer les plus belle m... publiés ?). Un succès relayé ensuite dans nombre de librairies, dont le rôle prescripteur n'est plus à démontrer, puis sur les sites marchands de vendeurs de bouquins.
La force du roman, c'est cette touche sociale toujours présente, que ce soit dans les déboires des 2 héros, au chômage, déséspérés, ou dans les sombres descriptions d'une région en souffrance, le Nord. Parfois promoteur
touristique de sa région, l'auteur s'égare parfois dans des poncifs du style "dans le Nord, le temps est pourri, c'est moche à pleurer, mais ce que les gens sont sympas". On ne lui en tiendra pas rigueur, loin de là, tant l'histoire est prenante, bien écrite, et la folie meurtrière de cerveaux torturés bien contrôlée, dans un scénario que le cinéma va vous mettre en boîte d'ici peu, je vous colle un billet là-dessus.
"La chambre des morts" est bien la preuve qu'il est inutile de délocaliser les histoires au bout du monde. Ecrire des bons bouquins avec des héros s'appelant Sylvain, Lucie et Jean-Pierre, avec pour cadre les zones industrielles de Dunkerque et de la Grande-Synthe, c'est possible. Le début d'une longue série, par Thilliez, dans le Nord ou ailleurs, ou par d'autres, en Mayenne ou ailleurs...
00:10 Publié dans Livres : lectures & critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
mercredi, 07 décembre 2005
La décroissance, maintenant
Un livre essentiel est paru, en septembre, discrètement, chez nos amis libraires. Ecrit par JP Besset, ancien du "Monde" notamment, "Impasse de l'Homme : Comment ne plus être progressiste sans devenir réactionnaire" (Fayard) est un livre solide, extrêmement bien documenté et foncièrement pessimiste. Donc réaliste.
Plus q
u'un pamphlet écologique, l'ouvrage est aussi une diatribe sans concession sur "l'homo economicus", ses excès, ses mensonges, sa folie qui, tous les jours, inlassablement et avec un aveuglement sidérant, détruit vitesse grand V notre écosystème. Et Besset d'évoquer avec talent et force le "biocide" en cours mené par l'homme, véritable loup pour l'homme. Désastres écologiques, humains, imposture économique, mensonges de la publicité, indifférence des médias, inutilité des politiques, tout y passe. Le livre se veut un panorama complet et fidèle des incohérences de ce monde, celles qui nous mènent tout droit dans le mur.
Une solution existe, cependant. Elle n'est pas simple, elle implique des changements radicaux dans nos modes de vie, dans nos modes de pensée, elle implique un revirement à 180° de nos pratiques quotidiennes, cette solution se
nomme la décroissance. Défendue depuis quelques années déjà par des mouvements alternatifs, cette idée fait son chemin parmi les Verts, a aussi désormais son propre parti, d'ailleurs critiqué parmi les plus fervents "décroissants", et est l'objet de forums passionnés (http://forum.decroissance.info/ par exemple) sur le net (dont 1 sur Blogspirit d'ailleurs).
La décroissance, véritable mode de vie, est comme son nom l'indique l'abandon du crédo "Croissance = Bonheur" que droite et gauche, pour des raisons diamètralement opposées, défendent avec la même énergie et le même aveuglement depuis plus de 100 ans. Ce livre, ces forums, cette ferveur plutôt saine des "décroissants" m'ont personnellement convaincu...mais il faut agir au quotidien, et là on se rend compte à quel point c'est difficile, à ce niveau de l'infinitiment petit qu'est ma personne (oui, mon régime anti-choléstérol fait des miracles !), de changer un comportement que je sais très largement perfectible.
La décroissance, une solution, LA solution.
Voir aussi : http://www.decroissance.info/Comment-ne-plus-etre-progres...
11:45 Publié dans Livres : lectures & critiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
dimanche, 27 novembre 2005
Nécropolis
C'est un livre noir, très noir, indiscutablement. Le genre de bouquin écrit il y a plus de 20 ans et qui n'a pas pris une ride. Nécropolis, de Hubert H.Lieberman, où la descente aux enfers d'un légiste génial dans la "ville des morts", New York.
Ambiance sombre, reconstitutions fidèles et glauques d'autopsies à 5 heures du mat', on ressentirait presque l'odeur de formol et le bruit froid et métallique du scalpel sur les planches à découper, les ultimes gémissements de chairs maltraités, recousus, recomposés à l'heure du café et des baggels. Les textes font mouche, gratouillent, chatouillent désagréablement nos sens.
Breat Easton Ellis, dans son culte "American Psycho", avait su me déranger. Sa plume acide avait marqué critiques et lecteurs ; les adaptations ciné et, bien sûr, ses autres bouquins, ont entretenu la légende vivante de cet auteur iconoclaste. Avait-il lu Lieberman, un de ces allumés de la côte est, ce new-yorkais pur jus qui connait sa ville, son port, ses côtés sombres, ses squats puants, ses voyous, ses meurtriers comme sa poche ? On sent chez ces 2 auteurs la même envie de décrire sans fards ni concessions leur réalité...Cà, c'est de la littérature au sang chaud, pas cette soi-disant littérature nombriliste qu'on nous ressasse tous les ans à cette époque de prix dévoyés et ridicules.De grâce, quittez un instant la vitesse de ce monde, les centaines de nouveautés du mois, les "ceux qu'il faut lire absolument dans le mois pour être dans le coup" pour se plonger corps et âme dans ce Nécropolis envoutant, classique du polar noir, écrit par une nuit sans lune, d'un petit appartement de Brooklyn, moîte et poisseux comme le corps encore tiède du dernier cadavre tombé dans la nuit new-yorkaise...
19:42 Publié dans Livres : lectures & critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
lundi, 03 octobre 2005
Epopées polaires
Vous pouvez, comme moi, n'avoir jamais été à la montagne, détester la neige (quelle horreur ce bruit sous les chaussures), le froid et le vent glacial, et avoir un jour, par curiosité ou masochisme, lu et apprécié des bouquins ayant pour cadre les étendues polaires de notre bonne vieille terre...
Si ces livres ne m'ont pas fait changer d'avis sur la neige, le froid et le vent glacial, toujours insupportables à mes petits yeux fragiles d'homme des plaines, je les ai d'autant plus appréciés que la seule idée de la possibilité d'un flocon de neige sur mon nez me fait éternuer...
Dans le désordre, 3 bouquins :
- Sir Ernest Shackleton : Au coeur de l'antarctique, aux éditions Phebus (super éditeur au passage de récits de voyages, matez le catalogue, c'est très sympa). Elle est un peu facile je sais, mais Monsieur Ernest n'avait pas froid
aux yeux, un vrai cinglé de l'antarctique, un obsédé de la conquête du pôle sud, un aventurier un poil bourru mais que la détermination à réussir ne peut que provoquer l'admiration. En automobile, traineau, avec des poneys, coincé dans les glaces avec son bateau, à pied, suivez le récit haletant de Shackleton et ses hommes, il y a près de 100 ans, sur ces terres hostiles. Héroïque.
- Collectif, Le Passage du Nord-est, aux éditions Payot (là aussi un éditeur de récits de voyage de grande qualité). Il s'agit d'un recueil de textes relatant les aventures déjantés d'aventureux aventuriers désireux d'en découdre avec le mythique passage du nord-est. Passage permettant de passer directement de l'atlantique au pacifique par la voie maritime de...l'océan arctique ! Cap au pôle nord donc, avec ces récits parfois dramatiques et cruels dans les longs et terribles hivers polaires, et où la survie des membres de ces expéditions du XIXè siècle relèvent parfois de véritables miracles, à côté desquelles l'apparition de la Vierge à Lourdes à Bernadette (Soubirous, pas la comtesse de Chichi) fait figure d'aimable blague de jeune adolescente paumée...
- Haroun Tazieff, Erebus volcan antarctique, chez Acte Sud : encore disponible, apparemment (sortie : 1994), où le sympathique vulcanologue disparu nous relate notamment sa passion pour ce volcan hors norme et paradoxal, antre de feu et de lave sur un continent de glace et d'effroi...Aventure géologique, technique et humaine, Tazieff se fait aussi l'"ardent" (excusez-moi...) défenseur des vrais aventuriers quand il raconte par exemple "le pire des voyages" de Scott, cet autre héros fou et génial. Et l'auteur de nous sensibiliser, déjà, sur ce trou d'ozone tellement large aujourd'hui que l'on ne parle plus aujourd'hui, presque quotidiennement, que de ses conséquences sur notre planète.
Bonne lecture quand même...
22:51 Publié dans Livres : lectures & critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
mardi, 20 septembre 2005
La touche Ripley
Tom Ripley, anti-héros le plus aimé de la littérature policière ? Voleur, escoc, menteur, assassin, voilà Tom Ripley, personnage emblématique d'une des reines du crime, Patricia Highsmith. De sa prolifique oeuvre, outre le recueil de nouvelles L'amateur d'escargots et le célèbre Stranger on a train adapté par Alfred Hitchckok, c'est ce personnage néanmoins que l'on associera le plus volontiers à la romancière. Un personnage profondément malhonnête donc, probablement schyzophrène, extrêmement intelligent, un brin chanceux, un poil sadique...mais cet homme plait.
Peut-être, simplement, Tom, en bravant des interdits élémentaires, comme tuer par exemple, nous attire vers cette violence profonde et animale qui nous anime. Peut-être aussi, Tom le voyeur nous sert de paravent à nos fantasmes les plus refoulés, dans une forme de sado-masochisme très à la mode en ce moment. Tom est aussi un être profondément malheureux, en mal de reconnaissance, mais perpétuellement frustré car toute publicité autour de sa personne ne pourrait que lui apporter des ennuis. Troublant paradoxe à notre époque de zoos humains et autres lofts où notre jeunesse s'exhibe sans vergogne à la télé...Troublant aussi à cette époque de blogs, où il est si facile de s'afficher, protégé que nous sommes par l'écran total de notre moniteur.
Nous n'aimons pas Tom ripley, nous sommes Tom Ripley !
-------------------------------------------------------------
pour ceux qui ne (se) connaissent pas Mr Ripley, vous trouverez l'ensemble de ses oeuvres en Livre de Poche. Commencez par Monsieur Ripley, porté à l'écran à 2 reprises (Plein soleil avec Delon puis plus récemment The talented Mr Ripley avec Matt Damon), avec une dernière page d'anthologie où vous prierez pour que votre "héros" s'en sorte indemne. Suivent Ripley et les ombres, où Tom, de Paris à Vienne, se convertit en trafiquant de tableaux et devient docteur ès crime, Ripley s'amuse, histoire curieuse et malsaine parfaitement adapté par Wim Wenders, avec Denis Hopper, pour le grand écran, diffusé il y a peu sur Arte et enfin Ripley entre deux eaux, que je viens de trouver d'occasion et que je m'en vais avaler d'un trait très prochainement !
12:05 Publié dans Livres : lectures & critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature

