mercredi, 05 octobre 2005
De la fidélité du supporter
Une enquête aussi inutile que sympathique (comme souvent en ce qui concerne le foot) avait attiré mon attention il y a quelques temps. Uniquement relayé dans les médias sportifs type L'équipe, Les Cahiers du football ou So Foot, cette enquête révélait des disparités européennes fortes concernant les quelques millions de footeux européens.
Primo, pas de surprise, les Anglais, Espagnols et Italiens sont plus passionnés de foot que nous. Nous, on aime, surtout quand on gagne, eux ils adorent, même en cas de "big defeat", "gorda taula", et de "putano de defeto". Le français n'est pas fidèle, on le savait déjà, et ça s'applique pour pas mal d'autres domaines d'ailleurs.
En Angleterre, les supporters sont très attachés à leur club de leur ville d'origine, et ce quel que soit la division, le niveau et la qualité de l'équipe. Nick Hornby a toujours été fidèle au boring Arsenal des années 80, et mon pote David
supporte toujours Portsmouth. On peut pousser le bouchon plus loin car de nombreuses villes ont plusieurs clubs importants ; passons sur Londres avec Arsenal, QPR, Crystal Palace, West Ham, Chelsea, Tottenham, Charlton, j'en passe et des meilleurs, voyez à Liverpool (avec Liverpool FC et Everton), Birmingham (Aston Villa, Birmingham FC et West Bromwich) etc...Là, on est fidèle à l'équipe de son quartier, ce qui est encore plus fort. Parfois, mais assez rarement, quand on habite au fin fond du "ass hole" du pays, on supportera une autre équipe, au risque de se brouiller avec le reste de la famille, fidèle fans de l'équipe locale depuis 12 générations, et d'avoir à son éventuel mariage autant d'ambiance qu'à un congrès interrégional sur la dépression nerveuse.
En Espagne,
(ci-joint une fidèle reproduction du cadeau offert par mes parents lors de leur voyage à Majorque en 1986) c'est un peu différent car il y a deux clubs mythiques et rivaux. Pour le foot, les ibères sont rudes et fiers, et on va supporter son équipe locale, surtout qu'être socio dans un club est parfois un geste politique fort, vu les grands antagonismes régionaux dans ce pays. Le fan de l'Athletic Bilbao, du Betis Seville, du FC Valence est un indécrottable fan de son club. Mais les succès du Real Madrid et du Barça ont réussi malgré tout à attirer plus de fans, en tout cas, en dehors de leur sphères traditionnels de recrutement, respectivement la Castille et la Catalogne...C'est quand même confortable de supporter un club qui gagne.
En Italie, c'est un peu bizarre, et c'est un peu un mélange de tous les pays européens. Les italiens sont fous de foot, il y a des clubs prestigieux, à Milan, Rome, Turin, Florence...mais ils ne remplissent jamais leur stade. Aussi, à Turin, les gens supportent plus le Torino, un club en perdition, que la Juventus, qui est quand même la crème de la crème en Europe. Il y a même plus de supporters de la Juve en dehors d'Italie que dans la botte. Il y a aussi une rivalité Nord/Sud forte - rivalité économique aussi - et des clubs siciliens ou méridionaux comme Lecce ont des fans très fidèles.
Et en France, me direz-vous, c'est un peu n'importe quoi. Chaque club a plus ses spectateurs que ses inconditionnels. Avec un club par ville, on est cependant assez attaché au maillot local, qu'il soit orange (Laval), jaune (Sochaux, Gueugnon...) ou bleu (Strasbourg), mais trois clubs, le PSG, l'OM, et les Verts de St Etienne, arrivent à attirer un peu partout en France. L'OM aura ses fans à Wasquehal, Forbach et Paimpol, le PSG aura pour fans les gens qui n'aiment pas l'OM (donc aussi en théorie dans les 3 villes cités plus haut) et St Etienne aura les supporters les plus vieux de France, à savoir les nostalgiques qui avaient 20/30 ans au milieu des années 70 et/ou qui aiment la coiffure de Robert Herbin, le mythique entraineur des Verts...(quoiqu'écrasé par le SCO d'Angers en 73, 4/0...).
Moi, par exemple, mon club, c'est le Sco d'Angers, dont je suis tous les désastreux résultats depuis plus de 20 ans, et
je vous jure, faut avoir le moral. En guise de thérapie, à mi-temps, je suis aussi attentivement les résultats du PSG (vous devinerez donc par déduction mon intérêt pour la chose marseillaise) depuis 1990 environ, et j'allais même, un peu, (faut pas déconner), au Parc quand j'habitais Paris. Depuis, j'habite Toulouse et je suis les résultats du TFC - je suis allé voir quelques matchs dont le dernier TFC/Auxerre, très bien d'ailleurs - mais ce maillot violet ne me donnera jamais la même émotion que le maillot noir et blanc du SCO.
Disons donc que je suis un supporter mi-anglais, mi-français, ce que j'avais cru deviner vu mon intérêt pour les brunchs bien tassés et les belles blondes (les bières, pas les filles)...
12:04 Publié dans Foot ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foot


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